Domenico Massicoli combat la maladie de Hodgkins depuis 13 ans PDF Imprimer Envoyer
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Presse
Samedi, 19 Janvier 2008 00:00

Domenico Massicoli garde une solide confiance dans la vie malgré la maladie qui l'affecte.

Un spectacle entre deux traitements de chimiothérapie

Le Soleil de Valleyfield - 19 janvier 2008

Culture > Divers

Certains spectateurs avaient peine à reconnaître le bassiste Domenico Massicoli vendredi dernier lors du spectacle du groupe T'es pas game. C'est que le musicien de 49 ans mène un long combat contre la maladie de Hodgkins, qui le contraint à de sévères traitements de chimiothérapie.

Depuis l'automne dernier, à toutes les trois semaines, Massicoli subit un traitement de trois jours consécutifs et chacun de ceux-ci dure entre sept et huit heures. "Ce n'est que trois jours plus tard que j'en ressens vraiment les effets. C'est comme si j'étais chaud mais sans avoir pris d'alcool. J'ai des nausées et tout ce que je mange goûte le métal."

Mais les derniers mois consacrés à l'enregistrement de l'album T'es pas game et à la préparation du spectacle de vendredi dernier ont constitué de beaux moments pour lui. "Tout cela m'a tenu sur un beat d'adrénaline qui me procurait une seconde vie, au point où aujourd'hui, je crains de retomber dans un vide, j'aimerais bien repartir un autre projet pour me tenir occupé", dit-il.

Atteint d'un type de cancer qui affecte son sang et sa moelle osseuse, le bassiste est heureux de la collaboration que lui ont manifestée les oncologues de l'hôpital Anna-Laberge, où il est traité, en vue de ce spectacle.

"Quand j'ai su que je devais recommencer un autre traitement l'automne dernier, j'ai jasé avec eux afin de pouvoir synchroniser mes traitements. De plus, deux jours avant le spectacle, on a convenu de procéder à une transfusion de sang. Ils m'ont permis de vivre pleinement ce moment-là et je l'apprécie beaucoup."

Cela fait maintenant 13 ans que le résidant du secteur Melocheville a été diagnostiqué "Hodgkins", après avoir été interpellé par une masse au niveau de la clavicule gauche. "Quand j'ai appris ça, je suis tombé en bas de ma chaise. Dans ces moments-là, tu te vois mourir, tu entres dans un genre de crise existentielle, mais les médecins ont vite fait de me sécuriser et me donnaient 80 % de chances de guérir", raconte-t-il.

Mais la maladie de Hodgkins se veut particulière. Elle se présente sous diverses formes, selon différents degrés d'évolution. Depuis le début de 1995, Massicoli a vécu des intervalles où il s'en croyait affranchi, au point de pouvoir reprendre son travail en milieu scolaire durant plusieurs mois.

Malgré tout, à quatre reprises, ses ganglions ont manifesté des symptômes qui ont eu tôt fait de le ramener dans le giron oncologique et ses exigences.

"Que ce soit comme prof ou comme directeur d'école, j'avais l'habitude d'être en contrôle de ce que je faisais. Mais avec cette maladie-là, j'ai du apprendre à abandonner ce contrôle entre les mains des spécialistes."

Malgré l'ivresse vécue vendredi dernier sur la scène de la Salle Albert-Dumouchel, Domenico Massicoli a néanmoins subi trois autres traitements de chimio cette semaine. Un triste retour à la réalité, pour lui, mais qui ne l'empêche pas de garder confiance en la vie, avec le support de son épouse Lise, de ses filles Gabriella et Élizabeth, et de ses amis musiciens.

Une confiance inébranlable, quand on sait qu'il est également confronté à la nécessité d'une greffe de moelle osseuse et à l'interminable attente d'un donneur compatible. "Je suis inscrit sur une liste internationale affiliée à Héma-Québec, et on me donne 7 chances sur 10 de trouver un donneur", dit-il.

Entre-temps, le musicien se consacre à l'écriture de nouvelles chansons et songe même à se mettre à l'écriture de romans, puisqu'il possède déjà deux idées de scénario en tête.